71è SALON D'AUTOMNE - Du 1er au 10 novembre 2019
Espace Franklin - Elbeuf

Invité d'honneur : Isabelle MALMEZAT et Alain TRIBALLEAU



Isabelle Malmezat

Rêve migratoire
Isabelle Malmezat a grandi dans une famille de peintres et de musiciens. Son cœur a bien sûr balancé entre les deux arts, pratiqués dès le plus jeune âge. Mais elle n'a pas eu trop de mal à opter pour la peinture, devinant que la musique aurait fini par la dévorer. Petite fille déjà, elle dessinait tout le temps. Elle a choisi, il y a vingt ans, de se consacrer à la peinture, nourrie bien sûr de musique. Se donner ce droit était s'ouvrir une porte vers la liberté, un luxe inestimable mais indispensable à sa survie. Si la peinture est chez elle une pratique naturelle, la démarche reste une forme d'errance mais au moins se sent-elle à sa place malgré la solitude et les doutes qui ne manquent pas d'assiéger l'artiste. Devant la toile, pas de réflexion préalable. Elle laisse venir. Beaucoup d'abstraction dans un premier temps, puis retour vers une forme de figuration. Isabelle Malmezat s'intéresse avant tout à l'humain qui garde en lui toutes ses blessures, tous ses souvenirs, qui ont fait de lui ce qu'il est devenu. La mémoire est chez elle un thème primordial.

Ses personnages sont souvent écorchés, en prise directe avec la Vie. La plupart du temps quasi désagrégés, apparitions plus qu'individus solidement campés, en errance ou en voyage, ils suivent un chemin ou une route vers quelque chose qui n'est en rien un but. Sans détours, elle arrache les masques pour nous montrer en profondeur la face cachée de l'être humain. Partout, nous retrouvons un même esprit animal, minéral et végétal. Depuis quelque temps, outre les migrants et autres voyageurs, le monde marin apparaît dans l'œuvre de l'artiste, généralement via une barque solitaire flottant doucement sur les eaux ou échouée, souvent évanescente. La peinture d'Isabelle Malmezat capte les choses, touche à l'intimité de l'être et nous plonge dans une sorte de rêve poétique et rempli d'émotion. Couleurs, sujets et matières sont d'une belle fluidité. L'artiste travaille essentiellement à l'acrylique ce qui n'était pas son vœu de prime abord, mais elle s'est aperçue que ce medium permettait des possibilités insoupçonnées.

Elle utilise aussi volontiers des pigments naturels, crayons, encre, brou de noix, fusain… et des outils tels que le pinceau, la main, le couteau ou des feuilles de palmier. Elle continue de beaucoup dessiner sur toile, sur papier ou sur de vieux journaux. Sur un coup de cœur, il lui arrive encore d'illustrer des livres d'artistes car elle aime la grande liberté qu'ils lui laissent. Pour l'heure, elle en a tout de même une douzaine à son actif. Citons pour exemple « Le livre pauvre », « Les yeux bleuis de rêve » aux côtés de Max Alhan, écrivain-poète (Editions Voix d'Encre 2018) ou les « Mots totems » qui accompagnent les poèmes de l'écrivain Gabriel Mwéné Okoudj (Editions Bourdaric – été 2015). Les images de ces différents ouvrages, légères et délicates, se posent sur la page comme des bijoux et nous ramènent à leur tour vers le végétal et le minéral.

L'actualité d'Isabelle Mazerat est riche : de bons articles récents, notamment dans la revue Miroir de l'Art, et différentes expositions (Galerie Schwab – Paris, en juin-juillet 2019 – Galerie Laute – Rennes, en juin 2019 – Galerie de l'Arcade – Clar (Gers), août 2019) dont une exposition collective à la galerie Petalonda Naxos en Grèce.

Portrait rédigé par Elisabeth LE BORGNE



Alain TRIBALLEAU
On ne parlera jamais assez des effets de craquelures, couleurs et formes, sur nos regards appuyés vers ces bustes couronnés et têtes serties et émaillées, émergeant des profondeurs de la terre.

Apparitions ombrées, laissant apparaître, sous les feux, creux et pleins, et traces de l'imminente présence de l'objet devenu lui-même, icône. De ces veines nacrées, et sur peau échauffée par cuisson, émergent en quelques signes ou symboles, cette présence venue de quelque part, peut-être d'un autre monde...

Révélateur et intercesseur lui-même, l'Artiste semble marquer son chemin, en empruntant la voie antique ou peut-être celle plus ancienne encore, attachée aux secrets gardés par des Celtes ou des Chaldéens, évoquant par là-même quelque révélation...
Le visiteur, en interrogeant formes et couleurs, s'imaginera volontiers être en présence de vestiges ou de quelques fragments extraits d'un site inconnu. Comme en découverte archéologique et en terre ancienne, tout semble honorer ici et là, interrogation et ravissement...

Nous sommes bien confrontés, en ces instants-mêmes, à une certaine forme d'expression ou l'art des « sculptures » en buste, invite à nous interroger à nouveau sur la représentation humaine. Une certaine manière de revivifier l'intelligence contemplative et restaurer la plénitude de la foi dans un travail lié à la terre (l'homofaber).
La plupart des réalisations se fonde essentiellement sur l'image et la présence de la femme, elle-même, magnifiée, idéalisée, ou prête à recevoir notre respect. Cet appel à la vénération par ces céramiques figuratives, n'est pas sans évoquer, les figures de Kwan-In en Chine et de Kannon au Japon, les Taras vertes ou blanches dans le bouddhisme tibétain...
C'est aussi réactualiser, en quelque sorte, le principe féminin, archétype universel, la « Prakriti » de l'Inde, ou bien chez les Grecs, Hestia...

Puissions-nous retrouver la grandeur de l'inspiration, par ces figurines « travaillées », « embrasées », et donner à nos élans, toute la force de l'interprétation et de la création.

Portrait rédigé par Brice NARTEC



Le salon est ouvert tous les jours de 14h à 18h.




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43è SALON DE PRINTEMPS - Du 4 au 12 mai 2019
Salle des fêtes - Saint-Aubin-lès-Elbeuf
» Les artistes primés
» Critique de Elisabeth LE BORGNE

Invité d'honneur : La Boukle, peintre grapheur et Dominique Bachelet, sculpteur sur bois

Portraits rédigés par Elisabeth LE BORGNE

La Boukle
Autodidacte, Olivier La Boukle se passionne pour la peinture dès son plus jeune âge. Il a tout juste 14 ans lorsqu'il découvre le graffiti, à Paris, avec ses parents. C'est un véritable électrochoc : il sait que le graf fait désormais partie de sa vie. Un peu partout en France et pendant bien des années, il va le pratiquer, seul ou avec des confrères, notamment dans le cadre de terrains vagues ou de friches industrielles jusqu'au jour où il devra faire une pause qui le conduira vers une nouvelle pratique de son art : la peinture « sportive » sur toile. Pourquoi « sportive » ? Tout simplement parce que l'artiste peint à l'acrylique et que celle-ci sèche rapidement ce qui lui convient très bien puisque -comme pour le graf- il s'agit de faire au plus vite…

Cela devient un mode de vie et même une forme d'addiction. Dynamique, il aime le mouvement et la couleur, se prend au jeu, s'éclate, se fait du bien. Rapidement, il se fait connaître du milieu artistique. Un projet en amène un autre. Lorsqu'il peint, il ne cherche pas à représenter quoi que ce soit. Pourtant, le public s'y retrouve. Il a un style à lui, une touche personnelle que l'on peut reconnaître facilement. Son but est juste de travailler son graphisme, de faire voyager, rêver, s'évader les autres comme il le fait lui-même en toute liberté, la notion de liberté étant chez lui primordiale.

Quand il a commencé ce métier, il était loin d'imaginer qu'il y mettrait tant de passion, qu'il rencontrerait tant de personnes et participerait à tant d'expositions et de Salons. Ni que tout cela réuni lui apporterait aussi une forme d'équilibre. Aujourd'hui, il ne sait plus très bien s'il préfère travailler à l'intérieur ou à l'extérieur. Pour lui, à la base, il s'agit d'une même démarche, mais il ne souhaite pas mélanger les deux. Ce printemps, il était à l'honneur à l'Espace Torreton de Saint-Pierre-lès-Elbeuf, à Quincampoix, et maintenant à Saint-Aubin-lès-Elbeuf. Il a travaillé sur de petites œuvres pour un lieu, sur de grandes pour l'autre. Saint-Aubin regroupe un peu les deux formats.

Pour cette exposition, il a travaillé huit mois et conçu quatorze œuvres souvent d'assez grands formats dont un diptyque central qui apporte une symétrie à l'ensemble. Deux « premières » encore : il a peint une sculpture de Dominique Bachelet, invité d'honneur à St Aubin comme lui, et ami de longue date, ainsi qu'une fresque de 17 mètres réalisée à l'aérosol et totalement improvisée qui figure désormais sur la façade de l'Ecole maternelle Maille et Pécoud, proche de la Salle des Fêtes, laquelle gardera aussi une trace du passage de l'artiste sous la forme d'un grand cercle qu'il peindra pendant la période du Salon. Présenter son univers et laisser une trace sont des notions importantes pour Mister La Boukle. Tout comme vendre ses œuvres à un tarif accessible au plus grand nombre. « Vendre son travail, c'est entrer dans l'intimité des gens », souligne-t-il.

Après cette série d'expositions, il fera « une pause » d'environ un an et demi afin de préparer le 30ème anniversaire de sa carrière. « Il faut savoir se faire oublier pour mieux revenir », remarque-t-il, plein de bon sens avant de continuer : « S'arrêter permet de se poser, de réfléchir à de nouveaux sujets et de découvrir de nouvelles envies. » Cet éternel insatisfait a encore publié en 2006 un ouvrage destiné à remettre en valeur notre patrimoine oublié avec un spécialiste du genre, le photographe Frédéric Grimaud. Il fait aussi partie d'un collectif de peintres -Le Lotus Crew- avec lequel il prépare diverses expositions et expose son travail toute l'année à la Galerie Art-Seine (La Bouille).

Vous pouvez retrouver Mister La Boukle sur Facebook ou sur Instagram, ainsi que sur le site : laboukle.canalblog.com

Dominique BACHELET
Changer la vision des choses Dominique Bachelet découvre la peinture à l'adolescence par le biais du père d'un ami. Il va alors travailler avec cet homme dont la manière très figurative influencera la sienne de longues années durant. Il faudra un peu de temps pour que la sculpture vienne à lui, « par hasard ». L'homme aime bricoler et se sent vite dans son élément quand il travaille le bois, l'un des plus nobles matériaux qui soient. Lorsqu'il présentera sa peinture pour la première fois dans différentes galeries d'Honfleur, il lui sera révélé qu'il n'est pas peintre, mais sculpteur.

L'artiste -qui affectionne les séries- démarre à l'intuition. Il ne veut ni ne peut expliquer son art. Il laisse les choses se faire. L'image, la sculpture, devient vite une obsession. Partout et en tout lieu, sa tête y œuvre, et ce jusqu'à ce que ce soit fini. A travers plusieurs étapes, naissent des cœurs, des boules dans lesquelles on peut deviner visages ou planètes, formes courbes et enveloppantes, vis ou spirales -récurrentes dans l'œuvre- que l'on peut aisément allonger ou tordre, manipulations réalisées essentiellement à la main ou au ciseau à bois.

Avant de commencer une œuvre, l'artiste part d'un gribouillis qu'il va ensuite dégrossir à la tronçonneuse ou à la scie à ruban. Il utilisera ensuite différentes gouges et machines à poncer. Cependant, selon lui, un sculpteur a aujourd'hui besoin de beaucoup moins d'outils qu'avant et la main reste primordiale dans l'élaboration d'une sculpture en bois. Dans un premier temps, Dominique s'intéresse à des thèmes féminins, mais rapidement s'en éloigne pour rechercher des formes abstraites Son choix se révèle payant. Cette fois, le public est conquis.

Autodidacte, notre sculpteur a le sentiment d'avoir perdu du temps dans la construction de sa carrière. Récemment est venue la nécessité d'un « vrai » atelier, désormais installé à Pont-Saint-Pierre. Lorsqu'une œuvre est achevée, il a besoin de bien nettoyer son atelier avant de passer à autre chose. En ce moment, il remet d'anciennes sculptures au goût du jour. Par exemple, une paire de fesses peut se transformer en une sorte d'œuf contenant une graine, ou juste un gros œuf. Nouveauté encore : depuis peu, les sculptures sont peintes de différentes couleurs, ce qui change tout…

Jusqu'ici l'artiste n'a jamais acheté de bois. Il sculpte, plutôt en petit format, des bois de récupération ou qui lui ont été offerts. Notamment le thuya que les gens ne brûlent pas, qui se travaille vert et donne un très joli rendu. Pour le reste, ce bois plein de nœuds n'est guère facile à manipuler. Dominique Bachelet travaille aussi le bois d'orme rouge, de platane, de noyer ou de tilleul, un matériau très tendre sur lequel il initie ses élèves à son art. Les apprentis, jeunes ou moins jeunes, s'attaquent d'abord à des formes simples, comme celle du champignon, « inratable ».

D'une manière générale, D. Bachelet crée ses œuvres assez vite. Il ne recherche pas la perfection absolue et aime les exposer rapidement ensuite. S'il y revenait trop, il ne serait jamais pleinement satisfait de lui-même. Il n'a jamais de mal à se séparer de ses pièces. Pour lui, elles prennent vie lorsqu'elles s'installent chez quelqu'un d'autre. Au Salon de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, nous pourrons voir 12 ou 13 de ses sculptures, pour la plupart différentes de celles qu'il vient de montrer à Oissel ou au Bosgouët.



Le salon est ouvert tous les jours de 14h à 18h.




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SALON DES OEUVRES SUR PAPIER - Du 26 janvier au 3 février 2019
Espace Bourvil - Caudebec-lès-Elbeuf
» Critique de Elisabeth LE BORGNE

Invité d'honneur : TOLEDO

Une œuvre au noir

Jean-Luc Toledo a toujours dessiné et peint. Ce fut d'abord une forme de jeu qui s'est bientôt transformée en vraie thérapie. Des dessins narratifs parlant de batailles et de châteaux-forts. Une sorte de film qui s'achevait quand il estimait les images saturées. Les visages sont arrivés vers 16 ans, étape du miroir, de la reconnaissance. Puis les tarots. Il en a réalisé deux (signes et lames) dans un esprit surréaliste. Trois séries de neuf lames, soit vingt-sept au total. Ensuite, il a revisité la numérologie qu'il a épurée et retravaillée comme le tarot en se référant au cycle des Princes d'Ambre de Roger Zelazny. Plus tard, le tarot est revenu sur le tapis avec des amis. Une sorte de tarot intérieur. Il en a créé un ovale. Cependant, Toledo ne s'estime pas tarologue. Il essaie juste par ce biais de s'éloigner de la guerre du bien et du mal. C'est une sorte de chercheur qui a aussi mené un travail thérapeutique avec des sophrologues. Il s'est encore inspiré du livre « Le château des destins croisés » d'Italo Calvino pour finaliser un tarot numérique. Ses tarots sont des œuvres d'art, rien d'autre, un schéma corporel, artistique, poétique et pétri d'humour. A travers elles, il aime jouer avec les choses, les détourner de leur rôle initial même si cela peut mettre le spectateur en colère. Jean-Luc Toledo n'aime pas donner de titre à ses travaux. Il n'aime pas non plus qu'on leur accole la mention « Sans titre ». Alors il les baptise quand même, jouant avec la phonétique, l'humour (parfois noir). Ce sont des clins d'œil, des pieds de nez. Toujours un côté taquin, voire irrévérencieux chez cet éternel gamin qui apprécie l'humour anglais, celui de Devos ou de Desproges. De longue date, il travaille beaucoup autour du visage, souvent par séries, des familles de visages un peu grimaçants, inquiétants à moins qu'ils n'en deviennent risibles. Des animaux ont aussi été représentés. Des cochons, des serpents, de grands singes -qui font écho à sa colère face au fonctionnement des Hommes- des insectes, mais pas d'araignée… Il a également eu une période « ossements » car il trouve la ligne des os belle et poétique. « L'arbre dénudé en hiver révèle toutes ses courbes. Les crânes aussi. », déclare-t-il. D'une manière générale, il apprécie tout ce qui est mis à l'index, estimant le principe de précaution agaçant. « Dieu n'est pas là où on l'attend. » poursuit-il. « La lumière est peut-être dans les choses peu recommandables. »

Jean-Luc Toledo se définit comme peintre-graveur. Au début, il lui a été difficile de passer du petit format au grand. Aujourd'hui, il apprécie tous les formats et passe volontiers de l'un à l'autre. D'ailleurs, au Salon figureront deux ou trois très, très grands formats et des œuvres plus petites voire franchement petites, intimistes même car il est très sensible aux miniatures. L'artiste, dont l'atelier est divisé en plusieurs cases -chacune correspondant à l'une de ses pratiques- démarre de nombreux travaux en même temps. Ensuite, les choses peuvent aller vite ou pas. Au départ il ne sait jamais où il va et la gestation peut être longue. Il reprend ses œuvres régulièrement et suit après son inspiration, créant volontiers des ponts entre ses diverses techniques. Il ne regrette pas de s'être formé 20 ans à l'acrylique. Cela lui est fort utile maintenant. Tenez, par exemple, lorsqu'il travaille à l'acrylique, il dessine d'abord, puis découpe et colle le dessin sur une nouvelle page sur laquelle il va intervenir à l'acrylique. Les couches d'acrylique vont ensuite se succéder de manière rapprochée ou non. Le dessin peut ensuite complètement disparaître.

Jean-Luc Toledo travaille aussi au feutre, puis à l'aérographe. Dans ce cas, autour du dessin, plein de petits détails abstraits. L'ensemble prend ensuite un aspect textile. Cependant, il ne travaille quasiment que sur du papier, rarement sur toile. Plusieurs couches de gel cette fois encore, puis il travaille à la plume par-dessus. L'artiste est également graveur. Il retravaille généralement ses gravures avec de la peinture, puis à la plume. Un même motif est repris avec différents traitements. Il joue avec le graphisme. Il lui arrive aussi de reprendre des gravures pures reprises juste à la plume en noir et blanc. Il a beaucoup pratiqué la gravure sur bois, sur zinc aussi. A Caudebec-lès-Elbeuf seront présentées des gravures essentiellement récentes. Nous aurons aussi deux ou trois grands formats plus anciens (jamais vieux cependant), déjà vus à Vandrimare ou aux Damps. Jean-Luc pratique encore la gouache, l'aquarelle, la sérigraphie qu'il propose en différents formats, avec des collages et une forme d'écriture reprise à la plume. Il aime décidément retravailler ses monotypes. Vite obnubilé par l'image numérique, il travaille aussi sur ordinateur, déforme ses images avec des logiciels, les reprend ensuite au stylet, imprime, puis redessine les images au crayon pour les retrouver ensuite sous forme de gravures. Jean-Luc Toledo est également un grand amoureux des livres et l'on retrouve fréquemment des références littéraires dans son œuvre. Il est aussi très amoureux du papier qu'il fabrique d'ailleurs lui-même. Du papier végétal. Il est sensible encore à l'Art Journal et aux livres-objets qui racontent une histoire. Il en a créé plusieurs, assez épais, a travaillé par thèmes en déformant les mots. Il y a Le livre de chorchellerie qui joue avec la phonétique et qui est plein de drôlerie, où il inverse volontiers l'ordre des choses. Bouzillard est un autre titre, irrévérencieux et en noir et blanc, paru en 1986 dans un esprit BD. Du texte y est intégré, des poèmes cryptés. Que veut-il donc nous cacher ? Il est aussi l'auteur de livres-objets avec des gravures. Il a travaillé pas moins de 10 ans sur les livres-objets, dans un esprit BD, musical aussi. Ce sont les carnets d'un voyage intérieur, des livres-réparations ou pansements, une forme d'autobiographie, un grimoire. Une œuvre magnifique qui mériterait d'être montrée sous vitrine au Salon des Œuvres sur Papier de Caudebec-lès-Elbeuf.

La rencontre de Jean-Luc Toledo avec Alice de la Pinta il y a quelques années marque un tournant dans son œuvre. Avec elle, il travaille l'aquarelle, les entrelacs celtiques, les poissons, les diables médiévaux, l'acrylique, un lien psycho-générationnel avec les ancêtres (2014) dans un esprit textile, tissu. De sa période « animaux », seuls sont restés les insectes. Il travaille beaucoup à la plume dans un esprit textile, tapis, couture, suture. Tout cela est pour lui une manière de réparer son âme, d'aider à sa cicatrisation. En ce moment, il se consacre essentiellement aux gravures et collages. Des gravures sur papier chinois transparent qu'il reprend ensuite à la plume. Le dessin numérique l'occupe volontiers aussi comme le livre-objet réduit cette fois à une dizaine de pages, ou l'aérographie et la sérigraphie. Son œuvre passe aussi par l'huile et beaucoup de crayon. Encadrer son travail a toujours été une opération assez délicate car ses œuvres sont très fragiles. Il a cependant fini par choisir un encadrement classique. Pour le reste, son temps se partage entre son œuvre, des cours et des stages de dessin.

En conclusion, nous pourrions dire que Jean-Luc Toledo est un garçon plein d'humour qui ne se prend jamais au sérieux. Son travail, très chamanique, est une sorte d'alchimie. Il fait appel à l'intériorité de l'être, à la pulsion, à l'émotion. Il s'agit d'une espèce d'œuvre au noir qui lui permet d'exorciser ses peurs d'enfant (entre autres). Son univers, toujours à la limite de la figuration et de l'abstraction, peut paraître un peu effrayant, fantastique, elfique, « mais, souligne-t-il, la peur est en celui qui regarde. »

Elisabeth Le Borgne, critique d'art



Le salon est ouvert tous les jours de 14h à 18h.




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SALON D'AUTOMNE - Du 2 au 11 novembre 2018
Espace Franklin - Elbeuf
» Les artistes primés
» Critique de Elisabeth LE BORGNE
Invités d'honneurs :

CHAVATTE, au fil du temps, sur l'ordre de ses recherches, a découvert que la matière recélait d'étranges pouvoirs et qu'il suffisait de la laisser "parler" pour qu'elle s'exprimât toute seule. À condition toutefois que l'artiste soit encore assez attentif pour l'écouter, assez habile pour raconter ce qu'elle dit. La peinture de CHAVATTE met un goût d'infini dans l'œil du spectateur, un goût inaltérable.
Roger BALAVOINE



De formation littéraire et de passion "bricolière", Marc Touret s'est toujours fabriqué des trucs et des machins pour s'inventer des aventures d'enfant timide, sans bouger de sa cabane ni, plus tard, de son atelier. Et voila comment on devient sculpteur avec trois bouts de bois, deux clous rouillés et un marteau. Après la taille du bois et de la pierre, par le biais de la céramique et du plâtre armé, Marc Touret s'est très tôt orienté vers le travail du bronze à cire perdue directe dont il assure la composition des cires originales, la ciselure et les patines.


Le monde selon Ronel ressemble à une immense place de marché, un caravansérail, un cirque de plein vent où sont mêlés rêves et souvenirs ( Ronelius circus). Moqueur, mais sans méchanceté, il n'est pas dupe de la sottise ni de l'absurdité du monde, mais préfère pour sa part en sourire. Son sens de la mythologie et sa culture effervescente nourrissent le moindre de ses projets. C'est un artiste baroque, charismatique, fourmillant d' idées et de thèmes, un braconnier de l'imaginaire.
Luis Porquet



Pierre Magnin est planté devant vous et fait frire les idées noires. Une espèce de preux chevalier qui aurait perdu sa monture et poursuivrait sa route à pied, une brosse en guise d'épée. Riez si vous le voulez. Il aime ça ! La gamme sur laquelle il joue n'est pas celle d'un anémique. Elle mêle le piment rouge et la pomme verte, la grenade et l'orange amère, l'indigo pur et le cédrat. Des ingrédients fougueux prévus pour une cuisine rageuse, un plat crépitant de saveurs.
Luis Porquet



Célébrant la tension, le mouvement, l'essor et les états de la matière les œuvres de Patrice Thibout sont une sorte d'écriture épurée des contraintes formalistes, une écriture qui puise aux sources même du symbolisme pour retrouver l'image augurale de la vie et sa souveraine plénitude. « L'art m'a-t-il dit un jour, est une sorte de véhicule qui permet d'accéder à des mondes lointains. Il permet, avant tout, la réalisation de l'homme, notamment sur le plan spirituel ».
Luis Porquet



Travaillant à base de matériaux de récupérations, Patrice Delaune est un explorateur à l'imaginaire lyrique qui devine dans chaque pièce l'empreinte « d'un dire » ou d'une émotion à transcrire. Car la force de l'artiste est de chercher, dans chaque élément qui l'inspire, un autre lui-même qui viendra donner corps et âme à son œuvre. Ainsi prend naissance la sculpture dans un jeu d'ombres et de lumières, de courbes et de cambrures, d'espace et d'équilibre.
Sandrine Turquier



« Neuville est un peintre accompli qui, par son engagement, occupe une place originale dans la vie culturelle normande. Sa gestuelle inspirée concilie équilibre et besoin de liberté. Car chaque toile doit pour lui rester une aventure, un cheminement jonché de surprises et de sensualité, jusqu'à ce qu'il se sente en osmose avec elle. Il n'est pas étonnant qu'un tel homme aime la poésie, cette parole au goût d'aurore. Il y puise fréquemment l'argument d'un tableau, l'étincelle nécessaire à un nouveau départ. »
Luis Porquet



Guy Nouchy est sans cesse en quête de nouvelles matières. Il estime son œuvre achevée, lorsque sa vision d'ensemble lui semble homogène, calme et apaisée, qu'elle le laisse en paix avec lui-même. Il peut lui arriver après mûre réflexion de revenir sur sa toile afin de lui « imprimer » sa vision du moment. Par sa technique, Guy Nouchy embarque le visiteur dans un voyage à la découverte de nouvelles contrées et de lieux mythique.


François Priser est un homme de patience et de sagesse, de capture et de ruse. Ce guetteur éveillé accoutume obstinément son regard à la part obscure du temps, celle aveuglante de l'Histoire, débusque les ombres, les traces, les réminiscences et les mobilise avec une élégance savante, efficace : métier d'équilibre et d'audace, ouvrage de recentrement et de mémoire. L'importance de sa peinture ne se mesure pas à son étendue mais à sa profondeur.
Didier Arnaudet



« Compositions rythmées, tonalités subtiles et labyrinthes intérieurs. D'abord composée à plat comme un tableau, chaque pièce est mise en volume. L'impression polychrome qui survient à l'intérieur du verre offre un aspect quasiment minéral et occasionne de multiples points de rencontre entre peinture et sculpture. Auteur de fresques, bas reliefs et sculptures en extérieur, Claire Montoya passe volontiers du minimal au monumental, de l'immersion au sein de la matière, au hors piste métaphysique ».
V.M Marchand



Choumiloff se plaît à découper l'espace en le divisant de lignes franches et contradictoires, ainsi que de juxtapositions, de strates, par aplats colorés. Le geste large, rapide, s'ouvre à de nouveaux horizons, qui ne sont autres que sa propre perception du monde paysager qui l'entoure; et si les incisions ou les effets de matière sur la toile évoquent une certaine rudesse, c'est que la nature n'en est pas exempte.
Jean-Marc Léger




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SALON DE PRINTEMPS - Du 17 au 25 mars 2018
Salle des Fêtes - Saint-Aubin-lès-Elbeuf
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Invités d'honneurs : Sylvie MORTAIGNE-BARDET, peintre
Gilbert LANDTHALER, sculpteur


Sylvie MORTAIGNE-BARDET, peintre :

« On expose, on s'expose »
Pour Sylvie Mortaigne Bardet, être l'invitée d'honneur du 42ème Salon de Printemps de Saint-Aubin-lès-Elbeuf est... un honneur ! C'est pourquoi elle a choisi de ne nous montrer que des nouveautés ou presque, ce qui, du reste, va dans le sens de sa philosophie : avancer constamment, éviter de se répéter, ne pas tomber dans l'illustration, faire rêver le public, dire simplement les choses essentielles de la vie, raconter des histoires qui donneront lieu à de belles communions d'âmes... En bref, il est important pour elle de proposer des choses nouvelles à chaque Salon, au moins quelques-unes. C'est une question de respect. De soi-même et du public. C'est ainsi que nous pourrons, du 17 au 25 mars 2018, admirer un triptyque en grand format dédié à l'hiver et à la neige, commencé en été, dans une chaleur caniculaire. Un moyen de se rafraîchir le cœur et les sens peut-être ? La neige est tout soudain devenue une sorte d'obsession. Comment peindre la neige, comment dire ce qu'elle est ?

Le végétal et les oiseaux (mésanges, hirondelles...) de son enfance seront aussi très présents dans l'ensemble de l'œuvre. D'une manière générale, d'ailleurs. Symboles d'une grande liberté, ils sont liés à de vieux souvenirs. Végétation et oiseaux sont aussi prétextes à exprimer des sentiments. Toutes les toiles montrées ici comporteront au moins un oiseau. Ces oiseaux dialogueront entre eux d'une toile à l'autre, entre graphismes, matières, textures, couleurs et constructions, figuration (à la façon de l'artiste) et abstraction. Ce bel hommage à la nature est encore empreint d'une grande émotion qui permet de faire passer bien des messages, de manière inconsciente parfois. Pour cette exposition, Sylvie Mortaigne Bardet dessine ses oiseaux au crayon, directement sur la toile, avant même de faire un fond. Elle structure son travail et cela la rassure. Chaque toile peut fonctionner seule, mais elle peut aussi parfaitement fusionner avec toutes les autres. Chacune suivra son propre rythme dans une grande variété de paysages.

En général, l'artiste se lance directement dans l'aventure, varie les textures, associe l'ancien et le moderne, l'acrylique qui ne laisse pas passer les U.V., une autre qui donne de la transparence à l'ensemble, et des pigments naturels qu'elle utilise depuis peu. Elle a toujours fait des mélanges, refuse les acryliques toute prêtes ou l'huile qui ne sèche pas assez vite à son goût. En ce moment, elle varie les épaisseurs, gratte sa peinture, en remet, teste, s'efforce de dompter la matière sur la toile, une toile qu'elle n'a adoptée que depuis cinq ans. Avant cela, elle travaillait toujours sur papier. Bien que peignant et dessinant depuis l'enfance, Sylvie Mortaigne Bardet ne présente son travail en public pour la première fois qu'en 2008. Une première vente l'encourage à proposer ses œuvres au Salon de Maromme en 2013 où son travail trouve une nouvelle fois attention et acquéreur ce qui assoit mieux encore sa confiance en elle-même. Depuis, elle expose régulièrement son travail.

Petite fille -alors qu'elle s'entraîne à voler comme les oiseaux- elle est constamment insatisfaite de son univers. C'est pourquoi elle a envie de s'en créer un autre, empli de beauté. Elevée à la campagne, elle se nourrit de couleurs, d'odeurs, de vent, de sensations et de lumières, pour transformer les gris en arc-en-ciel. C'est son arrière-grand-mère qui lui offre sa première boîte de peinture à l'eau. Crayons et stylos lui permettent aussi de recopier des choses « banales » ou des animaux qu'elle construit volontiers en papier également, voire de véritables fermes. Sans doute l'ignore-t-elle alors : ses toiles d'aujourd'hui sont déjà en préparation. Jeune adulte, elle suit les cours du peintre Denis Godefroy qui lui apportent beaucoup. Il ne s'agit pas de cours académique, mais d'une constante réflexion sur la peinture, alimentée par les livres. Elle admire Rembrandt, Giacometti, Klimt, Bonnard, Denis... Elle aime la lumière et le clair-obscur. Elle est attirée par ce qui est sombre.

Pour obtenir les teintes souhaitées, elle utilise le noir ou le marron, le brou de noix, le clair et l'obscur. Avec Denis Godefroy, elle dessine beaucoup, souvent sur le motif, sous un saule, rue Eau-de-Robec. Elle a peu de temps pour camper une nature morte. Pas plus de dix minutes. L'œil et le geste doivent marcher de concert. La feuille reste d'abord blanche, puis l'artiste s'y met, à la mine de plomb, au crayon, au graphite, avec lesquels elle obtient de très beaux gris ou noirs. Le groupe travaille aussi dans la nature où elle apprend encore, de son professeur, de ses camarades, élèves en architecture ou aux Beaux-Arts, des synthèses qui ponctuent chaque cours. Cela dure six ans, puis des années durant, elle ne fait plus grand-chose. Jusqu'au jour où elle travaille dans une crèche, avec de jeunes enfants. Elle se met alors à décorer la crèche avec de la couleur. Nous sommes en 1997. Mais ce n'est qu'à partir de 2010 qu'elle reprendra vraiment les pinceaux.

Cette fois, elle travaille énormément. Chez elle, la peinture est systématiquement associée à la poésie et à la musique, toutes deux très rythmées. La poésie -notamment celle de Prévert- l'habite souvent quand elle peint. C'est pourquoi ses titres ne sont jamais choisis au hasard. Cependant, autodidacte, elle doute en permanence de son talent. Un artiste œuvre seul et souffre d'isolement. Ce n'est pas simple d'échanger quelques secrets de cuisine avec des confrères (sauf avec les plus grands qui n'ont plus rien à prouver). Elle le regrette. Elle a du mal à se sentir « libre ». Les écoles apportent ou prennent, mais elles forment les élèves, et ceux qui ne les ont pas fréquentées se sentent souvent complexés. A tort ou à raison. Elle connaît parfois des périodes d'angoisse, de doute total. Rien de plus normal. C'est là le lot de tout artiste digne de ce nom.

Aujourd'hui, Sylvie Mortaigne Bardet s'efforce de se détacher du motif. Très attachée aussi à la photographie qui permet un beau travail autour de la lumière, elle essaie de l'utiliser, puis de s'en libérer pour passer à autre chose. Mais elle ne se sent pas photographe. Elle tente encore les gribouillis de l'enfance (qui n'en sont pas). Elle a également eu une période abstraite qui lui permettait de parler de la pluie, par ex. « L'abstraction part toujours d'un élément figuratif », nous confie-t-elle. Elle nous parle maintenant des choses de la vie, des saisons qui chacune contient mort et renaissance, de la joie, de la tristesse, de l'humour, du vide, d'un monde qui marche sur la tête. Elle se raconte et nous raconte des histoires. « La difficulté, conclue-t-elle, c'est d'avancer vers le point final. Au bout du cheminement on a peur de rater, de déraper, il faut résoudre ce genre de problème. C'est terminé quand l'émotion a atteint son maximum, quand on décide qu'on ne pourra pas faire mieux, techniquement, par ex. »

Elisabeth Le Borgne, critique d'art, écrivain




Gilbert LANDTHALER, sculpteur :

Hommage à la nature
Tôt attiré par les arts-plastiques, Gilbert Landthaler a d'abord peint. Mais, il l'a vite senti, la peinture n'était pas sa voie. Il est devenu sculpteur presque par hasard, lorsqu'il a découvert la maladie des ormes qu'il a dû abattre dans le Cantal à la fin des années 80. Ce faisant, il s'est aperçu que les racines et les troncs de ces arbres avaient souvent des formes extraordinaires qu'il a eu envie d'utiliser sur un plan artistique. La sculpture est bientôt devenue un moyen d'expression qu'il a soigneusement exploré au fil des années, s'attachant avant tout aux matériaux naturels qui, décidément, présentaient à l'état brut des formes très intéressantes. L'artiste a eu d'abord une période « bois » (bois flotté, morceaux de bois que les tempêtes avaient arrachés aux arbres etc.). Puis, ayant appris à mieux observer les pierres volcaniques du Cantal, il a eu envie d'associer ces pierres -et un peu plus tard, d'autres pierres- au bois. Vint ensuite une période « animale » qui lui permit d'allier bois, pierre, os et corne par ex.

Le temps passant, de nouveaux matériaux vinrent enrichir l'ensemble, comme le métal, la résine ou le mortier, selon les besoins des pièces. Egalement proche de la littérature et de l'écriture, l'artiste eut enfin l'idée d'ajouter quelques poèmes ou proses poétiques à ses œuvres qu'il travaille parfois en séries, lesquelles, jamais terminées, ne cessent de se développer avec les années. Il y eut par ex. « Faiblesse des appendices » qui met l'accent sur le nez, la queue et le pénis. Puis, « Les trois mondes » (végétal, minéral, animal) et les « Cadrages », sculptures plus ou moins encadrées. En ce moment, il œuvre sur des « Bronze ersatz » qui ont l'aspect du bronze sans en être. La 9ème pièce de la série est actuellement en cours. Série qui sera représentée au 42ème Salon de Printemps de Saint-Aubin-lès-Elbeuf parmi les 10 pièces exposées. L'association bois, pierre, animal et poésie a donné naissance aux sculptures NaNa, assez proches de l'art primitif : Naturalistes et Narratives.

La sculpture NaNa suit un cheminement en quatre étapes :

1 - Recherche de matériaux naturels au cœur des trois mondes : minéral, végétal et animal
2 - Exploitation des formes de manière à les marier de façon la plus harmonieuse possible, tout en construisant une histoire guidée par le dessin et l'écriture. Alors, le thème se dévoile, la plupart du temps autour de la figure humaine, particulièrement chère à l'artiste, avec ses nombreux questionnements par rapport à elle-même et à tout ce qui l'entoure.
3 - Réalisation de la sculpture : assemblage, mise en scène, union des matériaux (acier, mortier, débris de plage, corde, verre, bois flotté, os, galets, pierre volcanique, limaille de fonte oxydée, cire à cacheter, etc.
4 – Exposition

Gilbert Landthaler montre son travail en public depuis le début des années 90, encouragé par un premier prix obtenu avec sa toute première sculpture « Genèse », embryon humain « extrait » d'une grosse souche d'orme. Les expositions se succèdent ensuite et il y est fréquemment invité d'honneur. Les années qui précédent sa retraite, en 2011, au terme d'une carrière de néphrologue-pédiatre au CHU de Rouen, lui permettent peu de travailler son art, mais depuis qu'il est retraité, il s'y consacre à plein temps et sculpte environ 13 à 15 œuvres par an.

Gilbert Landthaler a été membre de l'Atelier Normand Création de 1994 à 2005, puis à partir de 2014.
Il est aussi sociétaire du Salon de Rouen depuis 1997 et membre du Comité depuis 2015 (Responsable de la sculpture). Il a obtenu de nombreux prix en Normandie au fil de sa trentaine d'années de carrière. Ses expositions de groupe les plus marquantes sont « Les Voix de l'arbre » (1991) qui réunissaient 7 sculpteurs sur bois à la Chapelle du Carmel (Bois-Guillaume) dont Dilhac, Daön, Boquet, Godefroy, Ouared. Et la Rencontre Internationale de Sculpture Contemporaine (1992) au Musée Nicolas Poussin des Andelys. En cette année 2018, outre le 42ème Salon de Printemps de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, cet érudit qui ne se prend pas au sérieux est aussi invité d'honneur au Salon de Le Thuit-Signol (du 17 au 25 février 2018) et participera au Salon Rouen National Art et au Salon de Saint-Jean-du-Cardonnay (les 10 et 11 mars 2018).

Elisabeth Le Borgne, critique d'art, écrivain


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Liste des participants :